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Bleu toucher
Résonance
Des papillons précieux
Sur tes joues pâles.
Un regard délicieux...
Bouquet d' opales.
Te manger jusqu'à l'aurore
Et recommencer encore!
Nos salives pour se noyer,
A la dérive, emmêlés...
Le cœur, le cœur,
En plein, touché!
Une flèche, une fleur
Qui s'est glissée
Entre les parois.
Elle a vibré
Juste,
entre mes doigts.
Une corde tendue
Au point de mourir,
La note la plus aiguë
Sur la clé du plaisir.
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2
Port vague
Sur les quais moites,
Des marins ivres
Déchargent des boîtes,
Leurs rations de vivre !
Des nains et des bossus
Jouent aux dés pipés,
Des femmes sans vertu
Jouent de leur beauté.
La vapeur qui monte
Les soupirs huileux,
Noient les fils de la honte
Qui sucent les lépreux.
Des mendiants estropiés
Grommellent et se chamaillent,
Des gamins vont nus pieds
Sur des bouts de ferraille !
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3
De vieux vicieux édentés
Sourient dans les coins noirs
Que des tristes chiens pelés
Prennent pour des urinoirs.
La longue plainte du cargo
Appelle les hommes en retard,
Qui perdent dans les tripots
Planqués au fond des bars.
C'est le port vague
Du vague à l'âme,
L'amour qui divague,
L'amour Madame ! |
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4
La décadence
Il y a dix danses dans une décadence, dix chances de tomber en transe et autant pour choir de sa branche !
Dix valses qui s'enlacent, dix tangos de Roméo, la tête toupillonne, le cœur carillonne !
Dix pas à faire, les yeux fermés, la descente du grand escalier, surtout ne pas glisser sur les strass !
Une grande inspiration pour neuf soupirs et roule, goule de velours noir, de draps, de toile, de guenilles, d'étoiles !
La danse des sept déchirures, reste trois inconnues. Arabesque, spirale et tourbillon mènent à la chute. Le rideau tombe et la vie passe...
Allez, dansez maintenant !
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5
Samedi soir
Fragments d'étoiles plantés en plein cœur !
Éclaboussures violettes sur la mâchoire noire d'un ciel d'orage.
En bas, sur la Terre, à l'heure où les rats comptent leur monnaie, des vanités suspicieuses traînent leurs arêtes décolorées et les mantes religieuses encapuchonnées rodent sur les places désertes. Quelques montures élégantes paradent encore dans les rues animées, où des clowns à tête de mort agitent leur bâton crécelle.
La nuit a éclaté comme un vase sur les carreaux du crépuscule, une plaie qui n'a fait que s'élargir, tandis qu'un bûcher s'est éteint au-dessus des toits glissants.
Dans les mansardes poussiéreuses, les crétins patientent et les vers de sable guettent leurs étoiles-mères. Bientôt les nuées nocturnes viendront s'abattre sur les comptoirs étincelants, pour se noyer haut et court à des alcools de potence.
Un tas de chiffon s'avance, plein de vermine, voûté et tremblant, et se met à clamer d'une voix hargneuse à tous ceux qui ne veulent pas entendre :
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6
« - Croyez-moi, restez chez vous, l'heure est aux anomalies !
Les Marie couche-toi là sont de sortie et les vipères qui glissent entre leurs jambes ont des crocs effilés, hé hé...
Les Carabosses font la noce sur le palier de Charon et il est question d'un bain de minuit dans les eaux glacées du Styx ! Oh oh, et demain, que restera t'il de la fête ?
Quelques lambeaux de lune à la pointe d'un canif, des vallées de larmes à ensevelir sous des restes de fatigue ?
Encore un vase, brisé lui aussi, sur les dents d'un morveux qui n'en avait pas encore ? Il l'aura bien mérité celui-là, à naître au milieu des fous et des gravats ! Un ange dégringolé de sa litière, leur premier souffle une fois sur deux, c'est le dernier de la mère, comme je vous le dis !
C'est comme ça ici : la vie, la mort et les poches vides !
C'est pour ça que ces satanés tambours peuvent vous rendre fous, que le feu peut vous traverser le corps et vous ficher un poteau-mitan dans l'anus ! Alors, ne restez pas là je vous dis, rentrez chez vous, laissez place aux anomalies ! Laissez place aux anomalies, aux anomalies nomalies nomalies nomalies... »
Les yeux !!! Quoi, quels yeux ???
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7
La dentellière
Sur une île à la roche blanche comme craie vit une dentellière et comme d'autres filent avec le vent, elle file avec le temps. Elle brode aussi ses rêves au point de croix sur du linge blanc, qu'elle range ensuite dans une ancienne armoire, avec le soin de l'aimée pour son amant.
Lorsque la nuit vient et qu'elle se penche sur son ouvrage, appliquée comme une enfant sage, deux diamants bleus et humides répandent de minuscules auréoles salées sur le linge immaculé.
Cathy Garcia
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