Emmanuel Borde

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Spirale

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Numéro 7 : La spirale

Thème

Spirale


 
 
 
Aspiré quand le râle
Dans l'aspic retiré
Pâle écarlate aux dents

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Spinnaker déployé
Non que moindre mistral
Mais au torse choyé
S'efforce un magistral

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Tores et stucs, l'envers d'un mur
Ou le revers d'autres décors ?
Palais de glace, apparats sûrs,
D'un souterrain simple raccord ?

   

2

Certainement creuse mémoire
Se garde enfouie pour que ne vienne
La mémoire chercher déboire
Qu'imaginaire ivresse ancienne.

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Car sitôt les salons se voyaient
Illuminés de senteurs suaves
Des torrents de cristaux ruisselaient
A gorge déployée dans les graves

Certains cherchaient là le confort
Et nul ne les y enviait
Y circulaient d'infects mots fort
Comme des infamants billets

Et la joie cliquetante sans chant
S'enfermait là pour n'avoir à voir
Qu'ayant trop bu tout en s'asséchant
Rien ne demeurait qui fasse accroire

3

Enfuie

Achevée dans la versatile lance
Dans le silence oublié qui recommence
Dans l'affreuse stance qui s'épanche
La hanche de la harpe qui s'échancre

Oubliée dans l'atonie des saccades
Dans la chancelante marche enivrante
Au bruit des tambours ruisselante
Dans l'offense d'un pas qui force ses chances

Evanouie dans le ravissement
Au bord des fossés s'asséchant
De la vase des marais craquelante
De la poussière déchirée s'étirant

   

4

Flux de conscience

Incontinente l'âme en son flux déversée
Quand des mots désertée non que sans courant
Mais sans plus l'enchaînée poursuite des percées
En ses rimes en ses sens les sons s'en vont mourant

Sa décharge au secret est le vide éployé
Que ses bras étendus jettent à toutes les faces
Comme au palais de glace les visages choyés
Sont de beaux échos sourds que silence n'efface

Voyez-la, agitée de troubles infinis
Comme emportée en un monde inhumain, où seule
Soudain, sans nul corps pour soutien, elle ternit,
Elle s'assèche, elle s'évide, elle se meurt, toute veule

Sans maintien dépérit,              
              En le sein d'un néant.

Car n'est pire maladie
Pour l'âme en chagrin
Que le mal enlaidit :
Etre en fuite, pérégrin

5

Lueurs

Si sans espoir amoindri
L'un descend ne forçant
La fatalité
Jusqu'à l'antre creuse
L'un descend
A l'espère s'attend
Sans rien prévoir
A n'en pouvoir mais
Voir
L'un des essences flétries
S'étendant sur la pente affaiblie
S'apercevrait des venimeuses attentionnées

   

6

Ne pas croire...

Ne pas croire qu'à mourir
En échos dans mon rimoir
Les rumeurs fortes se mirent
Si belles que sans miroir
Si délassées qu'elles s'épanchent
Comme s'étanche par les rimes
La soif que les visions blanches
Si que les armes des crimes
Etranglent dans les sanglots
Elle n'aspire travers le cœur
Les tremblements des grelots
Que les ciments écœurent.

7

Pervers racolage

L'accaparement des mots
Dans l'opaque soluté
De la pâteuse vasque

La rétention des échos
Dans le putride enclos
De la langue flasque

L'armée des silences
Par une trompe éteinte
S'élance... sans lancette

De lancinantes stances
Masques des facettes
Se répandent en l'absence

 Evanescente matière
Mirettes chatoyantes
La terre toute entière

   

8

Quel frêle tel mêle

Quel, le bel horizon
S'élance au long des futaies
Masqué s'y dévoilant au secret, Tel
L'abîme azuré que rien n'ajoure

Frêle, la balance au faîte
N'arrête un mur sans côté
Dont elle cherche à jauger où se mêle
L'égarement des parités

9

Si déclinant sans fin...

Si déclinant sans fin vers aucun horizon
De ce gouffre la pente n'en marque l'entrée
Même toujours prostré tel devant la charpente
Avecque déraison ne s'éprenne et l'ostente
Bien alors que s'augmente sans déclivité
La chute sans attrait que tel est toit le faîte
Compromise pérennité non moins parfaite
Que captivité telle ne soit si outrée
Si filandreux est le tison en sa fumée
Des cieux le hausser tâche aisée naît Etoilé

Du si parfait sillon l'échancrure oubliée
La méprise attestée que l'eau ne s'y écoule
Qu'en cas d'embrasement car sinon repliée
Sa terre s'assèche
En son sein camouflé qui s'éboule

   

10

D'aussi dociles songes me venaient
De contrées si lointaines qui s'ouvraient
Vers de si sages paysages qu'en mes rêves
Je n'osais les approcher
Du bout des lèvres

Les chaleurs extrêmes de ces voyages
Les sillages délaissés
Le goût de ces visages aimés
Comme des présages convoités
Me laissaient languissant
Auprès de ces perçants secrets
Les soirs d'été et des douceurs
Que des lenteurs traversaient

 

Emmanuel Borde

 

 

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